Texte de soutien reçu de Joan Peire Malichier

Publié le par Vincent Bessat

" Tesmonhatge (Témoignage) ou une certaine ouverture du Cantal ?

Bonjour

Je suis randonneur, à pied, à ski ou à vélo, donc amoureux de la nature. Je suis aussi militant occitan donc ardent défenseur de la diversité linguistique et culturelle. En clair, citoyen du monde, français aux racines limousines… Arrivé dans le Cantal il y a bientôt 35 ans, j’ai tout de suite apprécié ce pays et ses habitants. Mais j’ai aussi vu l’ensemble des difficultés à faire progresser celui-ci vers un développement efficace, durable et harmonieux. Les causes sont internes mais aussi externes !

Un exemple : ce que l’on appelle « désenclavement ». Le Cantal, au centre sud de la France est aussi enclavé que le Queyras, par exemple,  adossé lui à une chaine de montagne et une vrai frontière « naturelle ».

 Pourquoi les travaux exécutés en Savoie sont ils impossibles dans le Massif Central ? Je ne regarde pas cela avec un œil écologiste ou  le contraire, c’est un constat et il dure quelque soit les politiques en charge du territoire et de la nation. Oh ! Il y a bien eu quelques travaux de faits depuis… 30 ans… Mais chaque fois il faut l’arracher et encore… « C’est bien parce que c’est nous » !! Réseau ferré, routes, tunnel ( !), etc…

 

Pour alimenter mon propos, je vais sortir du Cantal pour évoquer quelque chose que je connais bien. Je suis né et resté toute mon enfance en Charente « limousine » (occitane) aux portes du Massif Central. A l’époque, je voyais passer un train d’avril à octobre, qui reliait Genève, Lyon à Angoulême, La Rochelle. Une belle transversale ! Depuis plus de 20 ans celui-ci a disparu. Au nom de la « rentabilité économique»…Maintenant, il faut passer par Paris (Kms et donc coût augmentés pour le voyageur).

A quelques hectomètres de mon bourg de naissance, il y a une nationale (RN 141) qui reliée à la RN 145 (départementalisée en Charente ?), traverse le Massif Central  d’Angoulême à Lyon en passant par Montluçon (La  R.C.E.A, /  Route Trans Europe Atlantique qui fait souvent la une du journal « La Montagne »  avec ses terribles accidents et ces travaux qui n’avancent pas ou si peu…). Certes cette route passe « loin » du Cantal mais son histoire est caractéristique des décisions centralisées qui favorisent les territoires « riches » au détriment des autres et accentuent leurs différences.

De tous temps les transporteurs ont compris que cette route était LE lien entre le sud-ouest et l’Europe et le trafic a augmenté, augmenté de telle sorte qu’actuellement celle-ci est surchargée et très accidentogène tout le long de ce trajet. Il y a quelques temps un reportage télé sur « M6 » parlait de ce problème à Chabanais (Charente) dont les travaux de la déviation sont en cours, mais… pas pour le bourg suivant… !!! On a construit des autoroutes partout… à partir de … Paris, mais là… rien…, juste, bouts après bouts, quelques 4 voies et ça va durer…

Cela pour dire que si on avait pris en compte directement localement (région et inter région) ces problèmes (chemin de fer, route, etc.),  les solutions auraient étés différentes car basées sur le vécu du terrain, les besoins de la population et orientées vers l’avenir et une amélioration pour la vie des gens. Nous sommes toujours dans le Massif Central dont le Cantal fait partie. Régions Auvergne, Limousin et une partie en Poitou-Charentes sans oublier l’autre coté, Bourgogne et début de Rhône-Alpes. Posez-vous la question… pourquoi celà?

 Avec un dernier exemple cantalou maintenant : on a du mal à rejoindre Paris depuis Aurillac mais que dire des trajets transversaux ? Rien n’a bougé notamment en comparaison avec d’autres villes et départements.

Il y a quelques mois un ami (musicien connu, défenseur aussi de la diversité des langues et cultures et de son breton) est venu de Nantes pour une conférence. Avec lui nous avons cherché le transport le mieux adapté (coût, temps, économie d’énergie…). Première idée : le train… Je vous laisse aller en gare SNCF ou sur Internet pour vous faire une idée… Paris, Tours, Orléans, Poitiers, car SNCF, tout y passe  et sans parler de la durée du trajet (Dans un monde où… il faudrait aller vite… !!). Résultat : Il a pris sa voiture pour aller de Nantes à Poitiers,  le car SNCF (Il y a une ligne ferroviaire !) de Poitiers à Limoges, et je suis allé le chercher à Limoges…en auto !

 

Ceci me pousse à une colère rentrée, plus qu’une simple réflexion : Le Cantal est il, avec certains des départements autour (tout ou partie) condamné sans procès par des décideurs… « parisiens », « administratifs », « militaires »… ? Nous devons avoir le droit de nous défendre, non ? Et de vivre, non ? Décider pour notre avenir, non ?

Pour moi, voici un des moyens : Ne pas défendre « Le » Cantal mais obtenir une responsabilité  locale, régionale dans une approche interrégionale de notre pays. Les décisions ne peuvent plus être centralisées. De nombreux pays européens l’ont compris. Pour ce niveau, l’Etat doit seulement être le garant d’une équité entre urbanité et campagne, entre Paris et «La » Province  (tout un symbole par ce « La » au singulier… ! je préférerai « les régions), préserver les identités, aider à redresser les inégalités flagrantes, viser un véritable maillage entre villes et régions  etc…( La toile d’araignée parisienne tueuse de vie interrégionale, ça suffit !)  N’est ce pas  le rôle essentiel d’un député dans l’ensemble Massif Central de défendre ces valeurs?

Alors  A vous citoyens de décider ce que vous voulez pour vous et vos enfants…

                                                                                                                                          (JPM)"

 

 

Publié dans législatives 2012

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