texte de soutien d'Yves RETIERE sur la laïcité

Publié le par Vincent Bessat

"Et la Laïcité dans tout ça?

 

Le dernier quinquennat de M. Sarkozy, n’a cessé de soulever des problèmes qu’entraînerait le non respect de la laïcité.

La Laïcité serait-elle en péril?

Ainsi commençait l’émission sur  France 2 le mardi 15 Mai 2012 dans l’émission de Philomène Esposito.

Jean Baubérot sociologue, titulaire de la chaire d’histoire de la laïcité, a répondu quand on lui demandait que vous a inspiré cette campagne présidentielle quant à la laïcité? :

«Elle a résumé le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Avec le débat sur la viande halal, les fausses informations sur les mosquées appelant à voter Hollande, l’évocation récurrente sur la loi de la burqua…des questions sommes toute secondaires par rapport aux vrais problèmes des français. Le mot LAÏCITE a servi de leurre à la droite pour occuper le devant de la scène. »

L’ex-président qui avait déclaré dans un de ses discours:

 « La République a besoin de croyants. » ou encore « Laïcité ouverte ou positive. » dans son livre « La République des religions » publié en 2004 relatant son entretien avec le père Verdin , dominicain très anti-laïque.

La LAÏCITE n’a pas besoin d’adjectif, elle est ou elle n’est pas.

  Henri Pena -Ruiz philosophe, ardent défenseur de la laïcité, membre de la commission Stasi  rappelle que Nicolas Sarkosi bafoue ce que disait déjà le philosophe John Locke au XVII ° siècle: « la puissance politique doit s’abstenir d’énoncer des normes en matière religieuse, car elle ne gouverne pas les âmes mais les corps. »

La LAÏCITE : c’est quinze siècles de combats pour défendre un idéal, mais quel idéal?

Les racines de la LAÏCITE sont nées de la collusion du politique et du religieux. Cette collusion depuis Constantin et Théodose, va durer quinze siècles jusqu’à la révolution française. Quinze siècles où la foi chrétienne dicte sa loi. Cela se traduit par la normativité religieuse dans les relations personnelles, la sexualité, la conception de la famille, les rapports entre l’homme et la femme. Les trois religions monothéistes ont toujours consacré la domination de l’homme sur la femme.

La LAÏCITE, est un concept fondateur, visant à faire du citoyen une personne responsable, capable de forger sa propre opinion sans qu’on lui impose. Ce concept reconnu par un gouvernement démocratique, donnant la parole au peuple souverain, à des citoyens libres et responsables.

L’idéal des institutions laïques et la liberté absolue de conscience est contenu dans la loi du 9 décembre 1905 dite de séparation des églises et de l’État. Les articles 1° et 2° définissent le libre exercice des cultes, précisent que la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte.

La LAÏCITE est avant tout un principe. Ce principe consiste à faire du peuple tout entier la référence de la cité.

La LAÏCITE est le principe d’union des Hommes au-delà de leurs différences.

C’est pourquoi, la LAÏCITE n’est pas par essence, antireligieuse, mais devient par nécessité anticléricale, si on entend par cléricalisme une volonté d’emprise sur la sphère publique. Le dictat de certains hommes ne peut donc s’imposer à tous les Hommes, sauf si on fait usage de la force et de la violence.

Dire et rappeler que la République ne peut-être que LAÏQUE est une évidence sur laquelle il est toutefois important d’insister.

C’est pourquoi pour que la liberté humaine s’exerce, il est nécessaire de fonder la liberté de chacun sur l’autonomie de jugement c’est le rôle de l’instruction publique et LAÏQUE dispensée dans les écoles gratuites de la République ouvertes à tous sans conditions , hors des pressions confessionnelles ou idéologiques, en dispensant une culture universelle, sans mutilation, ni censure.

 

« Les écoles doivent rester l’asile inviolable où les querelles des hommes ne pénètrent pas. » circulaire de Jean ZAY 1937.

 

 

Liberté, Égalité, Fraternité trouvent dans la LAÏCITE leur sens plein et généreux.

Cette confiance en la souveraineté de la pensée humaine est la vertu propre de la LAÏCITE.

 

 

                   Yves RETIERE 22 mai 2012"

Publié dans législatives 2012

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