La décision de Hulot force le respect, par Dominique Voynet

Publié le par Vincent Bessat


 D’abord parce qu’il ne doit pas être si facile de renoncer, quand les
 sondages vous promettent un résultat à deux chiffres, à une telle
 aventure - difficile, mais gratifiante.
 Ensuite parce que Nicolas a su trouver les mots pour rendre compte, sans
 démagogie, sans populisme, des doutes que lui inspire une vie politique
 souvent réduite aux postures, aux petites phrases, sans pour autant
 négliger de saluer, après celui des associations de terrain, le travail
 des élus écologistes dans les villes où ils contribuent à démontrer que d’autres
 politiques sont possibles.
 Enfin parce qu’en dépit de ses doutes, il a choisi de faire confiance,
 confiance dans la parole donnée, confiance dans les engagements pris par
 les candidats, sans pour autant baisser la garde.

 Je mesure les responsabilités qui pèsent sur mes épaules.
 Il me revient de faire en sorte que les attentes du « peuple de l’cologie » ne soient pas, une fois de plus, déçues.
 Je serai au côté de ceux qui se battent contre les projets dangereux,
 inutiles, coûteux, qui vident les caisses publiques, minent notre santé et
 empêchent de préparer l’avenir : gros incinérateurs, rocades et
 contournements routiers, installations nucléaires, élevages industriels,
 industrie des OGM ou des agro-carburants… Il me revient aussi de répondre
 aux préoccupations des millions de personnes, qui paient le prix de la
 malbouffe, des pollutions, des conditions de vie dégradée, et qui ne sont
 pas sûres encore que le changement que nous leur proposons s’adresse
 aussi, et même d’abord, à elles. Alors que l’Abbé Pierre vient de mourir,
 après une vie consacrée aux plus démunis, je ressens plus fortement encore
 le besoin de le rappeler : on ne fera pas reculer la pauvreté sans prendre
 en compte la nouvelle donne écologique, et on ne protègera pas
 sérieusement la planète et ses ressources sans politique de lutte contre
 la pauvreté. Avec les Verts, je m'y engage.

 De deux choses l’une :

 Ou bien nous continuons sur la lancée de notre société de gaspillage, de
 surconsommation énergétique, d’inégalités sociales, nous nous fermons,
 nous nous replions sur les égoïsmes et les prés carrés, comme le proposent
 partout conservateurs et nationalistes. Et alors les conflits, chez nous
 comme ailleurs, prendront une tournure de plus en plus violente, tandis
 que la nature présentera à tous la facture sévère des affronts que nous
 lui faisons subir depuis 150 ans.

 Ou bien, et c’est cette hypothèse que bien sûr, je fais mienne, nous
 mobilisons l’intelligence, la responsabilité, la compétence, l’humanisme
 qui est le patrimoine commun de tous les peuples et notamment de leur
 jeunesse, et nous ouvrons une ère nouvelle, une mutation forte de notre
 façon de produire, de consommer, de partager.
 Pour opérer cette mobilisation, aucune des doctrines existantes, aucune
 idéologie, aucune des recettes antérieures ne suffiront. Nous ne partons
 pas de rien : Il y a des gens qui bougent, des solutions qui émergent, des
 techniques qui apparaissent, des réalisations qui avancent.

 Mon ambition, c’est donc bien sûr de mettre l’écologie au cœur de la
 campagne aujourd’hui, c’est aussi et surtout de faire en sorte qu’elle
 soit au cœur des politiques conduites dans les années qui viennent.
 L’engagement de tous ces citoyens dont Nicolas Hulot a bien pointé qu’ils
 adhèrent, au delà du pacte, à l’esprit du pacte, me sera, nous sera
 infiniment utile, pour inventer de nouvelles façons de faire, pour
 surmonter jour après jour les difficultés et les résistances de ceux qui
 ont, pourquoi le sous-estimer ? intérêt à ce que rien ne change.

 Une nouvelle phase de notre campagne s’ouvre aujourd’hui. Je l’aborde avec
 beaucoup de force et de confiance. Je vous donne rendez-vous à Nantes, où
 je présenterai le Contrat écologique. Merci aux Français.
Dominique Voynet, lundi 22 janvier 2007 à 16:20

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