Lettre ouverte au Préfet

Publié le par Vincent Bessat

 

 

 

 

Aurillac, le 23 Mai 2006

 

 

Monsieur le Préfet,

 

 

Sur votre ordre, ce mardi 23 Mai, une jeune famille tchétchène résidant à Aurillac vient d’être arrêtée puis transférée au Centre de Rétention de Lyon, avant d’être reconduite en Pologne où sera étudié, avec peu de chance de succès, leur droit d’asile.

 

Fuyant un pays ravagé par la guerre, la misère et ce qu’il convient d’appeler le génocide tchétchène, cette jeune famille a d’abord transité par la Pologne avant d’arriver en France et à Aurillac il y a quelque mois.

 

Appliquant les accords de Dublin, vous avez considéré que le premier pays où ils ont transités étant la Pologne, c’est à ce pays d’étudier leur demande d’asile. Cependant, ce n’est pas parce que leurs empreintes ont été prises dans ce pays qu’ils souhaitent que leur demande y soit traitée. Leur volonté, bafouée, est de demander leur asile en France comme nombre de ressortissant tchéchène, Aurillacois maintenant, qui l’ont obtenue. Car ce serait méconnaître leur chance d’obtenir ce droit en Pologne, pays qui refuse régulièrement ce genre de demande. En prenant cette décision, vous avez condamné ces néo aurillacois à un retour forcé en Russie.

 

Cette décision , si légale qu’elle puisse paraître n’en est pas néanmoins inhumaine, tant elle revient à renvoyer cette famille avec leurs jeunes enfants de 2, 3 et 4 ans dans l’enfer de l’Ingouchie.

 

Les procédés sont tout autant blâmables : arrêtés à leurs domicile au petit matin, transférés l’après midi même en centre de rétention, renvoyé en Pologne vraisemblablement dès le lendemain 6h00… Ces méthodes rappellent celles d’heures peu glorieuse de notre pays. Et si vite pour que la défense n’est pas le temps de s’organiser ? Pour que la mobilisation n’est le temps de porter ses fruits ?

 

Les Verts appelant depuis longue date à la régularisation des sans papiers sont scandalisés par cet événement, et appellent à lutter contre les lois, actuelles et à venir qui le permettent.

 

Une autre application du droit, plus humaine, eut été plus juste.

 

Je vous prie de croire, Monsieur le préfet en l’émotion que suscite cette décision et la désapprobation qu’elle engendre ainsi qu’en mes salutations distinguées.

 

Vincent BESSAT

Publié dans Cantal

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