Discours de BESSET : Percutant et convaincant !

Publié le par Vincent Bessat

Les principaux extraits du dernier discours de campagne de Jean-Paul Besset, tête de liste Europe Ecologie dans la circonscription  Massif central-Centre.


Qui disait ?

- le réchauffement climatique menace l'humanité d'une catastrophe sans précédent ? Nous y sommes. Le bouleversement est en marche et nous ne pouvons plus qu'essayer de le circonscrire au mieux pour limiter ses conséquences

Qui disait ?

- l'intensification de la production agricole à base de produits chimiques, la banalisation de nouvelles molécules dans l'alimentation et les objets de la vie quotidienne condamnent l'environnement et provoquent de nouvelles maladies ? Nous y sommes: l'eau douce est gravement contaminée, les sols perdent de leur fertilité, les airs sont pollués et de nouvelles formes de cancer et d'allergies explosent.

Qui disait ?

- la vie, les villes, l'économie organisées autour de la bagnole de papa, encombrante, pollueuse et gourmande, autour des poids lourds et du flux tendu des marchandises, c'est fini ? Nous y sommes. La vieille industrie automobile telle qu'elle est est condamnée comme l'était la sidérurgie , et avec elle tout ce qui va avec: l'étalement urbain, la progression régulière du trafic, la mobilité incessante.

Qui disait ?

- la surpêche industrielle va dépeupler les mers et les pêcheurs en seront les premières victimes ? Nous y sommes: la plupart des stocks de poissons sont en voie d'épuisement alors que plus d'un milliard d'êtres humains en dépendent pour leur alimentation.

Qui disait ?

- notre mode de développement conduit à l'extinction des espèces animales et végétales et au final c'est la chaîne de la vie qui risque de se briser ? Nous y sommes. La sixième grande période d'extinction des espèces a commencé à un rythme jamais égalé, privant l'humanité des imenses services gratuits que rendent les forêts, les prairies, les fleuves, les océans, les coraux, les mangroves

Qui disait la progression à venir de la famine ?

Qui disait que les OGM n'amélioraient pas les rendements ou que les agrocarburants étaient une fausse solution ?

Qui disait qu'une économie esclave d'une énergie fossile en voie d'épuisement n'était pas durable ?

Qui disait qu'un système économique fondé sur la double exploitation de la nature et des hommes finirait mal ?

Qui disait que le couronnement de tout ça, l'extravagante outrance financière et le délire de l'endettement, imploserait?

Je pourrai multiplier les questions et les exemples.

Et la réponse serait toujours la même: les écologistes !

 

Depuis trente ans, nous répétons à qui veut l'entendre que ce modèle de croissance et de développement, basé sur l'hyperlibéralisme, l'hyper productivisme, l'hyper consommation, l'hyper prédation, ce modèle fondé sur le profit, le crédit, la course au toujours plus et l'approfondissement des inégalités, finira par rencontrer sa limite.

Aujourd'hui cette limite est atteinte et le choc est violent. Pardonnez moi l'expression, on en prend plein la gueule, à commencer par les plus faibles, les plus fragiles, et les plus démunis. On recueille ce que ce modèle de développement a semé. Et ce n'est pas fini.

Aujourd'hui les faits donnent hélas raison aux écologistes et tout le monde dit la même chose que les écologistes. C'est que le réel ne peut plus être nié. Le principe de réalité s'impose. Brutalement.

Les écolos avaient donc raison. Toutes sensibilités confondues, ceux du terrain associatif, les ONG, comme ceux du champ politique, élus verts.

On les a beaucoup moqués, les bouffeurs de carotte et les malades du vélo. Des marginaux. Gentils mais utopistes, un brin catastrophistes.

Mais on ne les privera pas de leur lucidité: aujourd'hui les pics convergent celui du pétrole, de l'eau douce, des ressources halieutiques, de la diversité des espèces et du vivant. On a atteint le sommet. Après, on ne peut que redescendre. Or ce sont les fondamentaux de la vie qu'on redescend. Après, si on ne change pas de cap, le déclin économique et la régression sociale sont garantis.

Fin d'une époque. Fin de l'abondance insouciante où la seule question qui se posait était de savoir comment on répartissait les richesses. Nous sommes entrés dans l'époque de la rareté. Gare maintenant à ne pas s'engouffrer dans celle de la pénurie, avec 2 à 3 milliards d'habitants de la planète en plus ! 50 % dans deux générations !

La preuve est faite: le modèle de développement et de croissance qui, pendant deux siècles,nous amis sur les rails d'un incontestable progrès, a déraillé. Ce modèle est en faillite. Il a explosé sous l'impact des crises. Qui peut croire que tout repartira comme avant ?

Alors on entend des discours, beaucoup de discours. Tout le monde met du vert pour sortir du rouge, au moins dans les mots. Développement durable, autre croissance, relance verte...

L'écologie devient à la mode, ses idées sont récupérées. Tant mieux ! Nous sommes favorables à ce que la mode des écogestes se développe, nous sommes pour que les entreprises construisent leur valeur sur la sobriété, la durabilité et la propreté, pas pour leur ruine. Très bien: vive donc les comportements individuels vertueux, vive une économie plus saine.

Mais comment rendre ce changement durable ? Les choix politiques fondamentaux restent les mêmes. En quoi la trajectoire est-elle modifiée ? En rien ou sur quelques détails ! La direction reste la même. On ne s'arrache pas au vieux monde. Regardez le G20. Quelles décisions a t -il pris à part de blanchir les paradis fiscaux et de promettre des milliards de dollars pour boucher les trous ?

Quand on examine les plans de relance successifs - ces milliards qui s'envolent pour rien car la crise continue et s'aggrave - on s'aperçoit qu'on nous joue du revival, qu'on nous ressert les vieux plats, les vieilles méthodes, les schémas du passé. De quoi s'agit-il pour les gouvernements du monde, les Baroso, les Sarkozy, les Berlusconi, les Merkel, les Brown, les Zapatero ? De relancer la machine, de réenclancher la mécanique du crédit et de la surconsommation pour faire rebondir la croissance... Refonder le capitalisme, moraliser les pratiques, réguler le système. Quel système ? Repartir comme avant après réparation ? Comme si cette crise n'était qu'un incident de parcours, un aléas cyclique, une crise conjoncturelle, comme si elle ne portait pas en elle la mort d'un système, la fin d'une histoire.

Ils veulent répéter l'histoire. Qui peut croire en un retour des 30 glorieuses, en une croissance à deux chiffres, à l'ivresse des productions et de la consommation, au phantasme du toujours plus ? Illusion. Mais eux, ils y croient. Il n'y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

Normal: ils sont formatés ainsi, schootés à la croissance, à la progression du PIb. Issus de la même matrice culturelle, ils partagent le même imaginaire. Il leur est impossible d'imaginer un autre monde qui ne soit plus fondé sur les principes anciens de la révo industrielle.

Ils n'ont rien compris. Comme ils n'ont rien vu venir.

Or ce sont eux qui nous disent : écolos à la niche ! L'écologie est une chose trop sérieuse pour être confiée aux écologistes. Faites nous confiance, nous les experts, nous les décideurs, nous les économistes, nous les partis de gouvernement, de droite, de gauche ou du centre.

Eux, les Barroso, les Sarkozy, les Berlusconi, les Merkel, les Brown, les Zapatero, eux qui n'ont rien vu venir ! C'est à eux q'uil faudrait faire confiance ? Redonner les rênes ? Leur demander de nous resservir les mêmes soupes ?

Pour sortir de la crise et fonder un avenir viable pour tous, nous avons besoin d'un autre projet que ces vieilles ressucées nostalgiques.

Nous ne sommes pas nus, démunis, ignorants. Il existe des solutions. L'humanité est capable de sursaut. Capable d'inventer de nouvelles manières de produire, de consommer, de se déplacer, de s'alimenter, de travailler, de se loger, de se soigner. Capable de changer et d'entrer dans une nouvelle ère.

C'est la raison d'être d'Europe Ecologie.

Nous avons rassemblé les divers courants de l'écologie, nous avons pour une fois additionné les différences au lieu de les soustraire, forts de sensibilités voisines, de parcours différents et partageant le même socle, pour avancer, ouvrir des pistes, construire l'avenir. Aujourd'hui nous ne nous présentons pas à vous pour témoigner de la catastrophe en cours, pour brandir notre diagnostic et jouer aux donneurs de leçons. Nous ne nous contentons pas d'avoir eu raison.

Nous voulons, avec vous, trouver les solutions qui permettent d'échapper à l'engrenage de la crise et d'envisager une autre modèle de développement qui ne soit pas le remake de celui qui échoue sous nos yeux, à quelques touches vertes près.

Nous ne sommes pas de ceux qui se contentent de dénoncer en attendant que tout s'effondre, nous ne sommes pas de la famille de ces farouches protestataires qui s'enivrent de leurs moulinets de parole, nous ne cherchons pas des tetes à couper ni des boucs émissaires. La crise est trop grave pour qu'on s'amuse aux guerres de clan. L'urgence sociale commande la responsabilité. Chomage, précarité, exclusions... En France il y a près de 100 000 chomeurs de plus par mois, aux Etats Unis plus de trois millions d'emplois ont été perdus ces derniers mois, en Chine des dizaines de millions de travailleurs migrants sont renvoyés dans leur campagne où la sécheresse sévit...

L'heure n'est pas aux incantations. L'heure est aux solutions.

Et ce sont ces solutions qui modifieront le système, le libéralisme, le capitalisme, comme elles transformeront aussi les habitudes de chacun. Jusqu'où ? La réponse appartient à la société toute entière.

Ce qu'Europe Ecologie propose tient en un mot: régulation. Mais, contrairement aux discours convenus, nous donnons à ce mot un contenu: régulation écologique. C'est un outil nouveau que nous proposons, un nouvel instrument pour déterminer les choix de politique publique. Une boussolle orientée vers des productions durables, sobres en énergie, économes en ressources, vers des investissements justifiés par le bien commun, vers la satisfaction des besoins sociaux, vers des modes de vie individuels animés par le mieux être plutôt que par le plus avoir, vers des consommations par la qualité et la modération, vers un partage équitable des ressources et des richesses planétaires. La régulation écologique est un nouveau contrat collectif en même temps qu'une nouvelle manière de vivre.

Nous nous en porterons sans doute mieux.

Hier, nous disions alerte au feu ! Le feu est là. Aujour'dhui nous disons:

reconversion progressive de tous les secteurs d'activité économique

 

- avec une industrie réorientée vers la production de biens durables, fonctionnels, réutilisables, recyclables,

- avec une agriculture réorientée vers la qualité de l'alimentation et de l'environnement

- avec une énergie réorientée vers l'efficacité, l'économie, la diversité et les renouvelables

- avec un artisanat et des activités de service réorientés vers l'entretien, la réparation, la réutilisation, le soutien aux personnes

- avec un commerce réorienté vers la proximité

- avec des transports réorientés vers une offre collective et individuelle diversifiée et sobre en énergie

- avec des bâtiments réorientés vers l'isolation thermique et l'énergie positive

- avec une fiscalité réorientée vers la taxation des pollutions et de la surconsommation énergétique

- avec un système financier réorienté vers les investissements sociaux et durables

- avec une urbanisation réorientée vers la densification de petits centres urbains riches en services public

- avec une protection de l'environnement réorientée vers une cohabitation paisible avec la nature

- avec la recherche d'inovations réorientée vers les nouveaux matériaux ou les nouveaux process.

Cette reconversion de l'économie n'a pas pour seul enjeu l'avenir de la planète et de ses habitants. En proposant un autre cadre, elle améliorera les niveaux et les conditions de vie de ceux qui souffrent maintenant . Elle déterminera aussi l'emploi, celui d'aujour'dhui et celui de demain. Des nouveaux emplois dans de nouvelles activités: 10 millions de jobs verts en Europe. Et des millions d'autres, requalifiés, revalorisés, dans toutes les branches. Seule la reconversion écologique de l'économie permettra de construire un bouclier social durable. Il y aura certes des transitions pour passer des anciens aux nouveaux modes de production. Les travailleurs ne doivent pas en souffrir. Secteurs par secteurs, il faudra passer des contrats de reconversion pour la formation aux nouveaux métiers et aux nouvelles productions, appuyés sur des salaires de transformation garantis.

La reconversion écologique de l'économie est indissociable de la question sociale. La question sociale ne trouvera de réponse que si elle s'appuie sur l'écologie.

Voilà, vous l'avez compris: les écologistes se proposent désormais aux affaires, pas pour servir de supplétifs électoraux à qui que ce soit, ni pour fournir des boites à idées aux décideurs de tout poil. Ils sont candidats, je suis candidat, pour être eux mêmes jusqu'au bout, pour prendre leurs responsabilités et faire bouger les lignes.

Si nous nous proposons à vos suffrages le 7 juin, c'est pour porter la réorientation écologique au niveau européen, c'est à dire à la bonne échelle, là où les décisions politiques, les choix économiques, les orientations sociales peuvent avoir un impact massif et changer réellement les trajectoires. Nous sommes candidats là où les majorités d'idées peuvent se construire autour de nos idées, c'est à dire au Parlement européen.

L'Europe est une affaire d'amour. On est européen si on aime la paix, la réconciliation, l'échange, la diversité autour de valeurs communes. La maison est loin d'être parfaite, elle est encore en construction, certains de ses architectes ne sont pas de notre goût, mais c'est notre maison, notre appartenance commune.

Mais l'Europe est aussi un choix de raison. Seule l'Europe peut rendre possible la transformation nécessaire parce que seule l'Europe a la puissance de le faire. Seule l'Europe permet d'envisager un changement d'ampleur.

Voter Europe Ecologie le 7 juin, c'est faire un double choix positif : c'est choisir de sortir de la crise par le haut, par l'écologie, pour vivre mieux et c'est choisir de consolider l'Europe avec un projet commun.

Voter Europe Ecologie, c'est voter efficace.

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