Tous pour le développement durable ?

Publié le par Vincent Bessat

Lors de la présentation de la liste au centre des Congrès, j’avais avancé les propos suivants :

 

« Alors évidemment, on se réjouit que les constats que portent les Verts à bout de bras depuis plus de 20 ans fassent enfin l’objet de l’attention qu’ils méritent. Aujourd’hui, tout le monde est d’accord sur les constats. Nous sommes à l’aube d’une crise écologique. Plus grand monde ne conteste les objectifs à atteindre pour y répondre. Tant mieux. Mais tout le monde n’est pas d’accord, loin s’en faut, sur les moyens d’y répondre. Oui, tout le monde parle d’écologie. Mais les actes sont encore loin, nous le vérifierons dans leurs propositions. »

 

J’ai donc écouté avec attention leurs propositions… Je ne croyais pas, malheureusement, si bien dire !!!

 

Je ne croyais pas que ceux qui allait faire « du développement durable un axe majeur » de leur campagne, allaient se contredire à ce point dans leurs propositions. Un candidat va même encore plus loin, en annonçant sur son site internet en première phrase de son programme : « nous regrettons que les impératifs énergétiques futurs et la préservation de l’environnement n’aient pas été pris en compte ».

 

Alors, qu’en est-il de l’adéquation entre ces saines intentions et leurs programmes ?

 

Prenons qu’un seul exemple de leurs propositions (faute de quoi, ce post serait trop long !) : la voiture.

 

Je ne vous apprends rien en vous disant que la bagnole est source de nombres de nuisances et de pollutions : les pollutions par les rejets des gaz d’échappement sont nombreuses, entrainent une augmentation constante des asthmes et allergies en milieu urbain, participent au réchauffement climatique… Citons aussi les nuisances sonores, mais aussi et surtout les plus de 5 000 victimes directes qu’elle génère chaque années en France…

 

« Tout voiture, no futur », titrait Denis Baupin, adjoint au maire Verts de Paris, son ouvrage consacré à la nécessaire réduction de la place des voitures dans la ville au bénéfice des transports collectifs.

 

No futur bien sûr au regard des enjeux environnementaux, de la nécessaire baisse des émissions de gaz à effet de serre…

 

No futur aussi au regard des enjeux sociaux, et notamment du pouvoir d’achat que certains se posent pourtant en défenseur. En effet, promouvoir ce type de déplacement est un non sens économique pour les ménages, notamment les plus modestes : prisonniers de leur voiture pour se rendre à leur travail, aux services publics et marchands. C’est ainsi les placer en situation de dépendance de carburants de plus en plus chers (on approche les 10 francs le litre d’essence !) sans parler du prix des véhicules qui ne cessent de croître, contraignant à un recours au crédit qui se renchérit lui aussi !

 

No futur enfin en termes de finances publiques : Comment financer les investissements colossaux que cela représente (combien de millions d’euro le kilomètre de route déjà ?).

 

Vous l’aurez compris, la seule option écologiquement responsable est donc celle qui construit des alternatives réelles au tout voiture : une inversion des priorités dans les moyens de transport privilégiant non la voiture mais les solutions de transports collectifs et « doux » (pistes cyclables et pédibus), et ce même si certains aménagements routiers restent, à la marge, nécessaires (désengorgement de l’entrée sud).

 

Le « tout voiture », voilà l’illustration parfaite du non sens au regard du développement durable, voire la démonstration de son contraire.

 

Alors, que disent nos néo-écolos sur le sujet ?

 

Florilège, pêle-mêle des propositions des deux listes concurrentes :

 

« Il faut créer des voies de contournement, des pénétrantes»

« Il faut diminuer le prix du stationnement »

 « Il faut modifier des axes de circulation »

« Nous devons créer une pénétrante pour mieux accéder en voiture au centre ville »

 

Et, le pompon :- (

 

Notre projet, c’est de dessiner une « grande couronne », à partir de laquelle des voies d’irrigation seront créées. Nous proposons d’identifier une « grande couronne » qui fera la jonction entre la vallée de la Jordanne, le Biopôle, les Quatre-Chemins, la zone d’activités d’Esban, la zone de Tronquières et la plaine de la Ponétie, jusqu’à la route de Clermont-Ferrand. Il faudra multiplier sur cet axe les parkings…

 

Rien que ça !

 

Et ceci, tout en promettant, la main sur le cœur, une baisse des impôts !!!

 

Alors, pour caricaturer un peu, ceux qui se posaient en champion du développement durable sont soudainement transformés en VRP du bitume, en défenseur des lobbies pétroliers et de l’industrie automobile…

 

QUELLE CONTRADICTION !

 

Il est donc bien clair, au regard de ce seul aspect de leurs programmes, que ces derniers n’ont en rien pris en compte les enjeux du développement durable.

 

Finalement, au centre des congrès, je n’étais pas, loin s’en faut, en dessous de la vérité lorsque j’affirmais (et ceci juste après les propos cités en introduction de ce message) :

 

« L’environnement reste pour eux bien souvent qu’une opération de com, l’habillage Vert d’un programme qui ne l’est pas, une problématique accessoire que l’on traite avec des moyens à la marge.

 

Alors je me dis qu’encore, on ne fera d’écologie sans les écologistes ! »

 

CQFD

 

Vincent BESSAT

Publié dans Municipales aurillac

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