opposition au projet de centrale à Ytrac

Publié le par Vincent Bessat

Projet d’ « installation de traitement des matériaux, centrales à béton et d’enrobage à chaud et à froid »

 

 

Plusieurs questions peuvent être soulevés sur ce sujet :

 

  • A quel besoin aujourd’hui répond ce genre d’installation, dans un contexte régional de favoriser le transport par rail des passagers et des marchandises ?

 

 

Les volumes traités sur place : 550 000 t moins 388 000t qui seront exportés sous forme de granulé traités dont 20% lavés ; soit 162 000 réellement traités (enrobés à chaud, à froid, béton prêt à l'emploi).

 

Nous savons de plus que le département du Cantal est en tête de la consommation de matériaux des quatre départements d’auvergne. (Le double de matériaux par habitants que les autres départements, les carrières exploitées dans le Cantal ont une durée de vie de moitié inférieure à celles des autres départements)

Ne devrions nous pas aujourd’hui raisonner en terme d’économie des matériaux, et de leur plus grande efficacité, de leur recyclage, que de créer de nouveau sites, et de nouvelles installations de transformation.

 

 

  • Que dire des mesures de protections et de maîtrises des impacts environnementaux sinon quelles ne sont que l’application de la loi.

 

Un point me semble aussi peu expliqué dans l’étude d’impact :

 

 « L’objectif de qualité défini par l’Agence de l’Eau Adour Garonne sur la rivière l’Authre est un objectif de bonne qualité globale du cours d’eau (classe 1B). Des stations de mesure en amont et en aval d’Ytrac renseignent sur la qualité de ce cours d’eau. Elles montrent une amélioration de la qualité générale du cours d’eau entre 2003 et 2004. La différence de qualité entre les stations amont et aval en 2003 montrait la dénaturation de la qualité des eaux suite à leur passage sur la commune d’YTRAC.

Ce phénomène pouvait être expliqué par les rejets de deux stations d’épuration, situées en aval du site. Il est alors possible de conclure que l’Authre possède au droit du site une qualité de classe 1B. Extrait de l’étude d’impact. »

 

  • Comment peut on préjuger de la cause et ne pas tenir compte de la possibilité d’amélioration du cour d’eau au titre de la DCE ?

 

Cette  installation est supposé être installée sur une la présence d’une ancienne carrière « qui devait occuper toute la moitié Ouest des parcelles 16 et 17, soit jusqu’au ruisseau en limite Sud.

Cette gravière a été exploitée jusqu’à des profondeurs de 9 m. L’extraction a donc été faite en eau puisque la nappe est à une profondeur de 3 m environ. Le plan d’eau a été progressivement remblayé par des matériaux à dominante terrigène, avec toutefois, quelques déchets de démolition, blocs, béton, briques, bois. Il subsiste aujourd’hui (à la date de la réalisation des investigations de terrain pour l’état initial), un petit plan d’eau résiduel et un tas de gravats. ». Extrait de l’étude d’impact.

 

De plus l'AEP de la commune d'Ytrac dépend de la CABA ; un captage dans la plaine de l'Authre (en aval du site, près d'Espinassol) est considéré en cas de secours.

 

La nappe alluviale est conséquente (150 ha de S, à 2-3 m de profondeur à l'étiage ) elle est protégée par une couverture limoneuse, ce qui n'empêche pas de la considérer comme étant "vulnérable".

Et le PLU  signale que "la nappe est "un milieu sensible à protéger".

 

 

 

 

  • Comment une nappe dont la surface à l’étiage est à trois mètres de profondeur n’est pas impactée en période de précipitation et de fortes eaux, par une activité industrielle de ce type ?

 

 

  • L’étude d’impact ne fait que signaler une augmentation de 17% du trafic poids lourds sur cette portion de route, qui je le rappelle est une des entrée principale d’Aurillac, c’est à mon sens un peu court.

 

 

Plus généralement quel est l’intérêt aujourd’hui de situer cette installation classée aux abords proches d’habitations existantes, dans une partie du territoire qui deviendra très certainement résidentielle dans quelques années ?

 

Impactant un site déjà durement touché par des problèmes de ressource qualitative de l’eau au titre de la DCE.

 

Qui n’est raccordé qu’à la route, et ne peut l’être de manière raisonnable à une voie ferrée déjà existante.

Surtout si 388 000t  seront exportés sous forme de granulés traités, dont 20% lavés.

 

Dans l’optique de répondre aux besoins de futurs travaux, concernant la rénovation des voies ferrés du cantal, c’est une question primordiale.

 

De plus pourquoi ne pas utiliser un site industriel déjà existant ?

 

Cela non seulement ne posera pas de problèmes d’impacts nouveaux, ni d’accessibilité, ni de nouvelle emprise foncière, ni surtout de cohabitation.

 

La réhabilitation et le devenir d’anciens sites industriels posent toujours des problèmes pourquoi aujourd’hui créer un nouveau site alors que ce projet pourrait, devrait s’inscrire dans l’utilisation raisonné d’un site en fin de vie ou fermé, et le Cantal n’en manque pas !

Publié dans Cantal

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